Soleil, cigales et création contemporaine : tels sont les ingrédients de l’académie ARCO Opus 1 se tenant au Gmem, centre national de création musicale de Marseille, du 7 au 14 Juillet 2019. Dans la moiteur de l’été offerte par le Sud de la France, onze jeunes compositeurs travaillent auprès de différents ensembles musicaux (Quatuor Tana, Multilatérale, Métaboles) ainsi que sous la houlette de coach afin de préparer un concert dédié à leurs créations à l’issue de la semaine. En partenariat avec l’Université du Mozarteum de Salzbourg, ces rencontres donnent également lieu à des conférences de musicologie, des réflexions sur la place de la musique contemporaine, la relation entre le compositeur et l’interprète… Autant de sujets qui constituent de précieux échanges pour quiconque gravite de près ou de loin autour de cet événement. Newzik a eu le plaisir d’en faire partie et de continuer à travailler en suivant un de ses principes fondamentaux : être au plus proche des réalités des musiciens. Reportage.

Dimanche, dix heures, les flight cases contenant les iPads Newzik sont bien arrivés. Il faut à présent commencer à les préparer pour la semaine de répétition, mais 4 des 11 morceaux sont toujours en cours de composition. Ce n’est pas un problème, le numérique permet d’attendre jusqu’au dernier moment. « Elles arriveront aux alentours de 14h00 », c’est parfait pour intercaler une pause déjeuner entretemps ! Attablés autour d’une succulente pastilla, c’est l’heure de la première rencontre avec toute l’équipe technique, administrative, les musiciens et les compositeurs. Comme à l’accoutumée il y a au départ les sceptiques, les enthousiastes et les déçus. Et comme toujours il incombe à Newzik de rendre l’expérience la plus agréable pour tous. Un défi très souvent relevé à force d’écoute, de disponibilité et de patience.

Une fois cette prise de température effectuée et un café avalé, les 4 partitions sortent tout juste du logiciel de composition. Le contenu est aussitôt téléchargé sur les 35 comptes Newzik prévus pour l’occasion : la session de formation peut commencer. L’application est tellement souple que les compositeurs, à la fois enthousiastes et effrayés en voyant arriver les iPads, sont immédiatement séduits lorsqu’ils comprennent qu’annoter, modifier, réécrire … ne leur posera aucun problème notamment grâce au stylet qui reproduit les mêmes sensations que le papier. En découvrant leurs œuvres dans l’application ils sont définitivement conquis et veulent découvrir toutes les fonctionnalités plus vite les uns que les autres : saut de page, texte, transposition… La même chose se produit lorsque la remise des iPads est faite aux musiciens, avec quelques questions supplémentaires notamment sur le report des annotations si la partition est amenée à changer.

Le lendemain, début des répétitions. Des versions modifiées des œuvres ont été composées pendant la nuit. Le petit déjeuner est le moment idéal pour les charger dans les appareils de chacun et ainsi remplacer la première version. « On aurait besoin d’un stylet au petit plateau », ce sont les chanteurs des Métaboles. Appliqués ils annotent méticuleusement leurs partitions car la composition qu’ils doivent interpréter requiert non seulement leurs voix mais également des bocaux remplis aux trois quart d’eau, des pailles, un mégaphone … « Heureusement qu’on pourra conserver toutes ces indications » disent les musiciens, « sans ça quelle galère si on doit le rejouer dans deux ans ». Les fonctionnalités leur conviennent et ils ont également d’autres idées à implémenter. La plupart sont déjà en cours de développement mais ces échanges permettent de saisir ce qui serait le plus ergonomique. Projeter ensemble les développements à venir afin d’adapter l’outil numérique encore plus finement reste une partie des plus galvanisante des projets in situ.

Concernant la création, il est clair que les limites du format PDF doivent être dépassées. Les calques successifs sont un excellent outil mais Newzik a déjà bien en tête la suite de l’histoire et la farouche volonté de permettre aux compositeurs de travailler en direct en face des musiciens. Une Académie encore une fois passionnante pour tous et qui de surcroit se clôt au son d’une contrebasse et à la fraîcheur d’une mauresque.