Compositeur du mois : Wolfgang Amadeus Mozart

by | Jan 27, 2020

Bienvenue dans Compositeur du Mois !

Chaque mois, nous célébrons l’anniversaire d’un compositeur en vous racontant son histoire et en analysant certaines pièces marquantes de son répertoire, ainsi qu’en vous permettant de télécharger les partitions en question gratuitement dans votre bibliothèque Newzik. Pour le second article de cette série, nous nous intéressons à l’un des plus grands compositeurs de tous les temps : Wolfgang Amadeus Mozart. L’enfant prodige de Salzbourg figure au panthéon de la musique classique européenne au même titre que Bach ou Beethoven. Si son œuvre est connue de tous, ce n’est pas toujours le cas de son histoire, malgré les très nombreux ouvrages écrits à ce sujet.
« Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom ; il a du goût, et en outre la plus grande science de la composition. »

Joseph Haydn, au père de Wolfgang, Léopold Mozart

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Quelques mots sur W. A. Mozart

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L’enfance d’un prodige musical

Wolfgang Amadeus Mozart est né le 27 janvier 1756 à Salzbourg, au sein du Saint Empire Romain Germanique, dans l’actuelle Autriche. Son père, Léopold Mozart, également musicien, est vice-maître de chapelle à la cour du Prince Archevêque de Salzbourg. Comme sa sœur Maria-Anna, le jeune Wolfgang montre très tôt un don certain pour la musique. Leur père ne s’y trompe pas et leur donne très vite une éducation musicale. Léopold Mozart comprend très vite le potentiel de ses deux enfants prodiges, et commence à les faire se produire dans les grandes villes européennes. À partir de 1762, la famille Mozart voyage donc à Vienne, puis à Munich et Augsbourg, avant de sortir de l’empire Romain Germanique et de gagner Paris, puis Londres, Bruxelles, Genève ou encore Amsterdam… Chaque concert est l’occasion pour le public de s’émerveiller des capacités fascinantes du jeune Wolfgang : oreille absolue, mémoire prodigieuse, et déjà, des petites pièces originales comme ses Menuets KV.2, 4 et 5. Une personnalité allemande importante de l’époque, le baron Grimm, a vent du talent du jeune enfant. Il décide de soutenir financièrement la famille et d’ouvrir à Mozart les portes des salons du beau monde. Le 10 avril 1764, ils quittent Paris pour Londres. Durant ses voyages, Wolfgang va se lier d’amitié avec de nombreux musiciens également en vue à cette époque, parmi lesquels Johann Christian Bach, fils cadet du grand compositeur qu’il rencontre à Londres. C’est d’ailleurs grâce à ce dernier que Mozart découvre le pianoforte, inventé au début du XVIIIe siècle, ainsi que l’opéra italien. En 1767, à seulement 11 ans, le jeune Mozart écrit son premier opéra : Apollo et Hyacinthus (K.38), comédie latine destinée à être jouée par les élèves du lycée de l’Université de Salzbourg. Dès son retour, Leopold enseigne à son fils le contrepoint, la fugue, le latin et l’italien. Le 11 septembre 1767, ils repartent vers Vienne pour les fêtes nuptiales de l’Archiduchesse Marie Joséphine, mais une épidémie de variole fait des ravages, qui emportera l’archiduchesse elle-même. Lors de ce retour dans la capitale Autrichienne, Mozart reçoit la commande d’un opéra bouffe qu’il écrira en trois mois : La Finta Semplice, pièce qui ne sera finalement pas représentée à Vienne en raison d’une cabale montée par des musiciens jaloux. Il compose ensuite une nouvelle partition : Bastien et Bastienne (K.50).

La période italienne

Mozart passera par la suite une partie de sa vie en Italie. À Bologne, Wolfgang visite le père Martini, illustre théoricien de l’époque. Il croise aussi le célèbre castrat Farinelli. À Naples, Mozart fera la connaissance d’autres compositeurs célèbres à l’époque : Paisiello, Caffaro, Jommelli… Toutes ces rencontres l’influenceront beaucoup et contribueront à développer son talent. Talent qui remonte jusqu’aux oreilles du Pape lui-même, qui fera Mozart Chevalier de l’Ordre de l’éperon d’or. Une anecdote de la visite à Rome de Mozart est restée célèbre : la Chapelle Sixtine possédait “en exclusivité” le Miserere d’Allegri, joyau de la musique d’alors. Il était bien sûr interdit de reproduire cette pièce sous peine d’excommunication. Mais c’était sans compter sur l’oreille parfaite du jeune Wolfgang qui, du haut de ses 14 ans, parvient après seulement deux écoutes à retranscrire parfaitement la partition ! La mémoire phénoménale de Mozart sera l’un de ses meilleurs atouts, lui qui composait « dans sa tête » des œuvres entières puis était capable de les retranscrire sans une faute. Sous la férule de l’archevêque Colloredo, le jeune Mozart écrira beaucoup de musique sacrée et six concertos pour piano. L’archevêque nouvellement nommé est un homme exigeant qui apprécie l’austérité mais rémunère confortablement la famille Mozart pour les services du jeune Wolfgang. Cependant, Mozart montre de plus en plus d’esprit de liberté et entend bien composer à son idée, plutôt que pour les commandes qui lui sont adressées. À la fin de l’année 1774, il termine La Finta Gardiniera pour Munich, qui remportera un franc succès en 1775. Wolfgang compose également la Missa brevis (K.220) et finit par rentrer à Salzbourg en mars 1775. Il y restera deux ans et demi pour composer sans interruption. Il s’agit principalement de musique religieuse en raison de ses fonctions à la cour de Salzbourg, mais aussi les magnifiques Concertos pour violon n°1 à n°5, et le remarquable Concerto pour piano n°9.

Amitiés et amours de Wolfgang Amadeus Mozart

Lors d’un passage à Vienne, Mozart rencontre le compositeur Joseph Haydn. Ils développent l’un pour pour l’autre une grande admiration. « Je vous le dis devant Dieu, en honnête homme, votre fils est le plus grand compositeur que je connaisse, en personne ou de nom ; il a du goût, et en outre la plus grande science de la composition », dira Haydn au père de Wolfgang. « Lui seul a le secret de me faire rire et de me toucher au plus profond de mon âme », répondra le jeune Mozart à propos d’Haydn. À cette époque néanmoins, les choses se corsent pour la famille Mozart à la cour viennoise. En 1777, la situation devient insoutenable pour Mozart. Le 23 septembre, il part en voyage avec sa mère, l’archevêque ayant refusé la permission à son père. Après être passés à Munich, ils arrivent à Mannheim. En janvier et février 1778, Mozart s’éprend d’Aloysia Weber, fille d’un chanteur et violoniste qui n’est autre que l’oncle de Carl Maria von Weber. Amoureux, c’est contraint et forcé par son père qu’il quittera Mannheim le 13 mars 1778 pour Paris. Une fois en France, les Mozart renouent avec le baron Grimm, et une nouvelle symphonie dite « Paris » (K. 297) connaît beaucoup de succès. Cette période parisienne sera pourtant marquée par un évènement plus triste : la mort de sa mère le 3 juillet 1978 des suites d’une typhoïde. Triste, mais pas traumatisant pour Wolfgang, qui semblait délaisser sa mère, la laissant souvent seule à la maison plusieurs jours durant. Le compositeur quitte la ville, passe par Nancy et Strasbourg, et arrive à Mannheim le 6 novembre 1778. Au grand dam de son père qui le presse de rentrer pour occuper à nouveau sa charge à Salzbourg, il reste plus d’un mois dans cette ville, bien que sa flamme pour Aloysia ne se soit jamais vraiment rallumée — celle de la jeune femme pour le compositeur non plus, d’ailleurs. Il est de retour à Salzbourg le 15 janvier 1779. Après avoir été un court instant organiste chez Colloredo, il finit par se brouiller avec ce dernier après un séjour triomphal à Munich. Le 9 mai 1781, Mozart est traité de “crétin” et de “voyou” par l’archevêque, qui le congédie.

Le crépuscule d’une idole

Le 4 août 1782, c’est finalement la sœur d’Aloysia, Constance Weber, que Mozart épouse. Il donne des cours à de riches familles, connaît un succès toujours grandissant notamment avec L’Enlèvement au sérail (K. 384) et vit dans de bonnes conditions. Il rentre en 1784 dans l’ordre des francs-maçons et écrira pour eux plusieurs œuvres. En 1786, il termine l’une des œuvres les plus marquantes de son répertoire : Les Noces de Figaro (K. 492). Le 28 mai 1787, son père Leopold meurt, marquant la fin d’un cycle pour Mozart qui se montre bien plus affecté par la mort de celui-ci que par la perte de sa mère quelques années plus tôt. De plus, malgré les récents succès tels que Don Giovannni (K. 527), la situation financière de Mozart n’est pas au beau fixe. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Wolfgang n’est pas un grand financier… Il dilapide les recettes de ses œuvres sans compter. Endetté, fatigué, malade, Mozart voit aussi mourir l’empereur Joseph II qui le protégeait, et doit désormais composer avec son successeur Leopold II, qui n’aime pas le compositeur, et encore moins les francs-maçons. Son ami Joseph Haydn part à cette époque pour Londres, ce qui n’arrange pas le moral de Wolfgang. En juillet 1791, une dernière commande est faite à Mozart : voulant honorer la mémoire de sa femme, Franz Walsegg-Stuppach demande au compositeur de lui écrire un Requiem. Mozart pressent que cette messe macabre sera en réalité la sienne, et n’achèvera jamais son ultime création. Son état de santé empire brutalement le 4 décembre 1791. Les meilleurs médecins de Vienne ne parviendront pas à le sauver : il meurt d’une fièvre aigue le 5 décembre 1791 à seulement 35 ans, et sera enterré le lendemain dans une fosse commune. Contrairement à ce que veut la légende, cela n’est en rien le fait d’une « misère » dans laquelle Mozart aurait été plongé à la fin de sa vie : il s’agissait simplement d’un usage sanitaire à l’époque, l’Empereur ayant passé des décrets en ce sens pour éviter que les Viennois se rendent sur les tombes de leurs morts et en ramènent des maladies. L’enterrement de Mozart fut donc conforme aux usages locaux. Le service funèbre se déroula dans une chapelle de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. À Prague et à Vienne, d’autres commémorations furent également organisées, auxquelles participèrent des milliers de personnes.

Une œuvre considérable et diversifiée

L’œuvre de Mozart est particulièrement impressionnante, surtout si l’on considère l’âge précoce de sa mort. Il laisse derrière lui pas moins de 12 opéras, 41 symphonies, 17 concertos, 23 quatuors à cordes, 43 sonates pour violon, et d’innombrables autres compositions. Farouche défenseur de la liberté d’expression, Mozart sera d’une grande influence sur ses successeurs et sa mort laissera un vide sur la scène musicale européenne de la fin du XVIIIe siècle. Vide parfaitement transcris par la célèbre phrase de Sacha Guitry :
« Le silence qui suit Mozart, c’est encore du Mozart. »

Et maintenant, place à la musique !

L’œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart est si grande qu’il est bien sûr difficile de la résumer en quelques titres. Néanmoins, nous avons sélectionné pour vous quatre de nos morceaux favoris qui représentent bien le style du compositeur et constitueront une bonne introduction pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers du compositeur autrichien. Nous nous sommes concentrés sur les pièces instrumentales dans cette sélection, mais bien entendu Mozart a également écrit de très nombreuses pièces vocales, qu’il s’agisse d’opéras ou de messes.

Sonate pour Piano No.16 en Do Majeur, “Sonata Semplice”

Voici l’une des sonates les plus célèbres de Mozart, en particulier le premier mouvement (Allegro). Tandis que la main droite joue un thème qui reste bien en tête, la main gauche joue une basse d’Alberti : ce motif particulièrement en vogue à l’époque classique (seconde moitié du XVIIIe siècle) consiste en un arpège note basse, haute, note intermédiaire, note haute. L’exposition présente un thème en Do majeur, suivi d’un second en Sol majeur, la dominante de Do majeur, soit une structuration typique de l’esthétique classique. Beaucoup plus surprenant, la récapitulation est constituée d’une répétition du thème sur la sous-dominante, en Fa majeur. AInsi, ce morceau semble relativement “facile” en matière de composition et Mozart lui-même le considérait comme une œuvre “pour débutant”, bien qu’elle ne soit pas si simple à approcher pour de véritables débutants. Challengez-vous avec cette partition pour piano gratuite que vous pouvez récupérer directement dans votre bibliothèque Newzik ! (Assurez-vous que Newzik soit bien installé sur votre iPad ou iPhone).

Quartet à cordes no. 19 en Do majeur, K465, “Dissonance”

Ce morceau fait partie d’un cycle de six quartets à cordes que le compositeur dédia à son ami et également grand compositeur, Joseph Haydn. D’ailleurs, cette suite est parfois nommée les “Quatuors dédiés à Haydn”. Ces pièces sont largement considérées comme faisant partie des plus raffinées écrites par Wolfgang Amadeus Mozart, et le quartet no. 19 “Dissonance” est le plus célèbre d’entre eux. Le surnom de cette œuvre est tiré de sa structure harmonique, qui représente bien le talent de Mozart en matière de composition. Le violoncelle ouvre seul le premier mouvement, bientôt rejoint par l’alto, puis les deux violons : une dissonance subtile est créée, et la tonalité de Do majeur ne sera pas atteinte avant l’adagio, au début de l’Allegro de ce mouvement. Cette impression de dissonance contrôlée est atteinte à grand renfort de gammes chromatiques. Pour ce morceau, nous vous proposons les quatre parties séparées accompagnées chaque fois de la partition conducteur (soit deux partitions gratuites par lien).

Sonate pour Piano et Violon en Mi mineur, K304

Ce morceau est moins connu que les deux précédents, mais donne une bonne appréciation du talent de Mozart lorsqu’il s’agit de composer pour des ensembles d’instruments variés, ici un duo pour piano et violon. Cette pièce a été écrite à Paris en 1778, au moment de la mort de la mère de Mozart, Anna-Maria. L’ambiance générale de la sonate représente la tristesse et la mélancolie de Wolfgang à la suite de cet évènement tragique. Des passages lyriques alternent avec des sections plus calmes et introverties, donnant au morceau une forte intensité romantique. C’est par ailleurs le seul morceau de Mozart composé dans la tonalité de Mi mineur. Cette sonate est composée de deux mouvements, un Allegro et un Tempo di minuetto. Nous vous proposons la partition gratuite des deux mouvements de cette sonate de Mozart, que vous pouvez télécharger directement dans votre bibliothèque Newzik.

Concerto pour Piano no.20 en Ré mineur, K466

Cette pièce très célèbre fut écrite par Mozart en 1785. Elle est divisée entre un Allegro, une Romance et un Allegro vivace assai. Ces trois mouvements sont très connus, et ce concerto a notamment fait partie de la bande originale du film Amadeus dédié au compositeur, malgré de grandes libertés artistiques prises avec la vérité historique de la vie de Mozart… L’Allegro sonne de façon particulièrement dramatique et inspirée, et demande une grande virtuosité pour être joué. Le deuxième mouvement en Si bémol mineur est bien plus lyrique, tandis que le troisième et dernier offre un final triomphal à l’un des chefs-d’œuvre de Mozart. Pour la petite anecdote, Mozart fut lui-même le premier soliste à interpréter cette œuvre lors de sa création. N’attendez plus pour vous essayer à cette partition gratuite pour piano : ce concerto saura mettre à l’épreuve vos talents de pianistes !
Nous espérons que vous avez apprécié cet épisode du Compositeur du Mois et que vous passerez un bon moment en travaillant ces morceaux ! N’hésitez pas à nous faire part dans les commentaires de vos morceaux préférés de Mozart. Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode du Compositeur du Mois !
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