Compositeur du mois : Francisco Tárrega

par | Nov 27, 2019

Bienvenue dans Compositeur du Mois !

Chaque mois, nous célébrons l’anniversaire d’un compositeur en vous racontant son histoire et en analysant certaines pièces marquantes de son répertoire, ainsi qu’en vous permettant de télécharger les partitions en question directement dans votre bibliothèque Newzik !

Pour le premier article de cette nouvelle série, nous vous proposons un voyage en Espagne au son de la guitare classique espagnole avec l’un des pères de cet instrument, Francisco Tárrega.

« En vérité, on ne peut composer pour cet instrument que si l’on en joue soi-même. »

Hector Berlioz

Comme toujours, nous avons préparé pour nos abonnés une Setlist complète comprenant tous les morceaux que nous allons analyser. Si vous êtes un utilisateur gratuit, nous ne vous avons pas oublié : vous pouvez également accéder aux partitions de votre choix directement dans le corps de l’article.

Et si vous n’avez pas encore rejoint la communauté des Newziciens, n’hésitez pas à télécharger Newzik gratuitement sur l’App Store pour profiter de ces arrangements !

Si vous n’êtes pas encore abonné, vous pouvez également télécharger cette Setlist, mais soyez attentifs à ne pas dépasser la limite des 15 fichiers de votre compte gratuit… ou bien abonnez-vous à Newzik pour importer autant de partitions que vous le souhaitez !

Une brève histoire de la guitare classique

L’ancêtre de la guitare apparaît en Europe au 15e siècle et se présente sous la forme d’une caisse de résonance et d’un manche muni de quatre doubles cordes.

À la Renaissance, la guitare est fortement concurrencée par le luth. Cet instrument accapare l’attention et ne laisse à la guitare qu’une faible visibilité tant chez les instrumentistes que chez les spectateurs. Au début de l’époque Baroque, une cinquième double corde apparaît sur les guitares. La fin de cette même période laisse l’instrument dans l’état dans lequel nous le connaissons aujourd’hui à savoir six cordes simples. Son timbre et ses qualités acoustiques déjà prouvées auparavant en font un instrument populaire, notamment en Espagne, d’où provient majorité du répertoire. Lors de l’époque Classique quelques compositions éparses apparaissent mais aucun compositeur ne sort du lot. Pendant la période Romantique la guitare classique a encore la vie difficile. Les instruments privilégiés et dits nobles restent ceux enseignés dans les conservatoires. La guitare n’en fait malheureusement pas partie.

Le salut de cet instrument provient alors de Francisco Tarrega qui, grâce à ses compositions et sa pratique redonne tout le panache à la guitare. Une mise en lumière notamment facilitée par quelques grands interprètes tels que Andres Segovia, Narciso Yepes, et Julian Bream.

Quelques mots sur Francisco Tárrega

L’enfance de Francisco Tárrega

Francisco Tarrega est né le 21 Novembre 1852 en Espagne à Villarreal près de Valence et mort le 15 Décembre 1909 à Barcelone. Nous lui devons le succès de la guitare classique. C’est suite à un évènement tragique, le décès de sa mère, que la famille Tarrega déménage à Castellon et se rapproche encore un peu de Valence, ce qui permit au jeune Francisco de suivre des cours de musique. Rapidement repéré par le concertiste Julian Arcas en 1862, celui-ci enjoint son père de le laisser partir pour Barcelone d’où peut débuter sa formation complète musicien.

Cependant après le départ d’Arcas en tournée, Francesco n’a plus de leçons et malgré son jeune âge (10 ans) il fugue et tente de mener une carrière en jouant dans les bars et les restaurants. Rattrapé par son père à plusieurs reprises, ces épisodes démontrent la volonté de l’adolescent de jouer coûte que coûte. En 1874, il comprend que sa vie de bohème n’aura qu’un temps et il entre au conservatoire de Madrid. Il joue alors une guitare sévilloise fabriquée par Antonio de Torres. Les qualités de cet instrument jouent un rôle clef dans la recherche du son et du style que Francesco souhaite donner à ses compositions. A cette période il choisit résolument de mener une carrière à la guitare et non au piano.

Francisco Tárrega : le Sarasate de la guitare

ll se produit en concert dans toute l’Europe et compose énormément. Considéré comme le Sarasate de la guitare il compose notamment des pièces de récital. Au total son œuvre comporte 78 pièces originales, dont la très populaire Gran Vals (1984) reprise maintes et maintes fois pour des spots publicitaires mais également pour la sonnerie Nokia! Il retranscrit aussi 120 morceaux dont le célèbre Asturias originellement composé pour le piano par Isaac Albeniz.

En 1902, Tarrega se coupe les ongles et adoucit ainsi son jeu, ce qui en fait une caractéristique majeure de ses disciples. La fin de sa vie est marquée par une paralysie du côté droit de son corps contre laquelle il doit lutter pour retrouver son niveau de concertiste de jadis. Sans jamais cesser de composer, il s’éteint à Barcelone après l’écriture de sa dernière œuvre Oremus (laissez-nous prier), une transcription de la Phantasietanz de Schubert.

Et maintenant, place à la musique !

Nous avons sélectionné nos extraits favoris de l’œuvre de Francisco Tárrega, et nous vous proposons quelques arrangements que vous pouvez télécharger directement dans votre bibliothèque Newzik !

Même si vous n’êtes pas guitariste, nous ne vous avons pas oublié : nous vous proposons également quelques arrangements pour d’autres instruments.

Lágrima

Lágrima composée au cours des années 1880 lors d’une tournée à Londres où, ne supportant pas le climat, Tárrega est pris de nostalgie pour son pays. Il se sert des doubles-croches pour évoquer des larmes qui perlent au coin des yeux et chutent sur les jouent. En utilisant des aller-retours entre mi-Majeur et mi-mineur, Tárrega fait très clairement part de sa nostalgie andalouse.

Réminiscences heureuses et chagrin causé par l’éloignement : Lágrima est une petite pépite musicale relativement simple à appréhender, qui vous demandera néanmoins de travailler vos déplacements de main gauche ! Cliquez sur ce lien pour télécharger la partition et la tablature pour guitare de ce morceau. (Assurez-vous que l’application Newzik est bien installée sur votre appareil).

Capricho Árabe

Cette pièce dédiée au compositeur et chef d’orchestre Tomas Breton, un contemporain de Tarrega, a été composée dans les années 1900 à Valence. Ainsi l’œuvre se trouve à la convergence de toutes les cultures qui ont façonné la ville: musulmane, castillane et chrétienne. Le compositeur rappelle des moments sombres de l’Espagne, pays resté sous le joug arabe 700 années durant, et la région de Grenade était le dernier bastion des rois mauresques.

Cette fois, nous vous proposons non seulement une partition pour guitare mais aussi un arrangement pour piano ! (Assurez-vous que l’application Newzik est bien installée sur votre appareil).

Danza Mora

Composée en 1900 la Danza Mora fait suite à un voyage de Tarrega à Alger où celui-ci s’inspire du rythme lancinant d’un tambour arabe avec un simple [deux-croches – noire] qui ponctue tout le morceau. Le thème vient se poser et chanter l’Espagne avec ses triolets de doubles.

Cette pièce demande un véritable travail d’indépendance de l’esprit et des mains pour faire en sorte que l’on entende quasiment deux interprètes. L’un très concentré sur la rythmique arabisante qui se veut stable, et l’autre chantant un thème andalou le plus legato possible.

Mettez-vous au défi avec cet arrangement pour guitare solo, ou répartissez le travail avec vos amis avec cet arrangement pour trio de guitares ! (Assurez-vous que l’application Newzik est bien installée sur votre appareil).

Gran Vals

Qu’aurait fait Nokia sans cette composition de 1902 de Tarrega qui intervient précisément au moment où celui-ci se coupe les ongles et change sa méthode de jeu en allant vers un son plus doux et plus chaleureux. Quoiqu’il en soit, il n’est finalement pas si rare que du Tárrega interrompe un concert, faute de téléphone mal éteint !

Voici la partition de guitare si vous voulez vous exercer sur ce morceau iconique. (Assurez-vous que l’application Newzik est bien installée sur votre appareil).

Recuerdos de la Alhambra

Vous connaissez probablement déjà cette œuvre-ci. Recuerdos de la Alhambra est probablement l’un des morceaux de guitare classique les plus célèbres jamais écrits, et un exercice standard auquel se prêtent de nombreux guitaristes en herbe.

Composée en 1896 à Grenade, cette pièce requiert un véritable travail sur la technique du trémolo qui doit être parfaitement maîtrisée afin de laisser émerger le phrasé du thème. Elle est une carte postale sonore de l’Alhambra, cet ensemble de palais andalous, vestiges superbes de l’architecture islamique médiévale faisant écho à la célèbre Grande Mosquée de Cordoue.

Pour cette œuvre, nous avons décidé de vous proposer une interprétation différente, celle du grand violoniste de renommée internationale Ning Chen, ainsi que deux transcriptions pour cordes : une pour violon et une pour alto. Nous vous proposons également un arrangement pour piano afin de contenter le plus grand nombre d’entre vous ! (Assurez-vous que l’application Newzik est bien installée sur votre appareil).

Nous espérons que vous avez apprécié ce premier Compositeur du Mois et que vous passerez un bon moment en travaillant ces œuvres ! N’hésitez pas à nous faire part dans les commentaires de vos morceaux préférés de Francisco Tárrega. Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode de Compositeur du Mois !

Toutes les partitions présentées dans cet article sont issues de sources en ligne et font soit partie du domaine public, soit sont protégées sous licence Creative Commons (leur libre partage étant autorisé et encouragé par leurs auteurs). Si vous souhaitez en savoir davantage sur les meilleures sources en ligne pour obtenir légalement des partitions gratuites, nous vous conseillons la lecture de cet article. Si malgré nos vérifications, il s’avère que vous êtes l’un des auteurs ou ayant-droit du matériel présenté dans cet article et que vous vous opposez à l’usage que nous faisons de votre propriété intellectuelle, merci de nous contacter.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *