Compositeur du mois : Sergueï Rachmaninov


par Nathan Bessis

Bienvenue dans Compositeur du Mois !

Chaque mois, nous célébrons l’anniversaire d’un compositeur en vous racontant son histoire et en analysant certaines pièces marquantes de son répertoire, ainsi qu’en vous permettant de télécharger les partitions en question gratuitement dans votre bibliothèque Newzik. Cette fois, nous nous intéressons à l’œuvre de l’un des plus grands compositeurs et pianistes russe : Sergueï Rachmaninov.

Comme toujours, nous avons préparé pour nos abonnés une Setlist complète comprenant tous les morceaux que nous allons analyser. Si vous êtes un utilisateur gratuit, nous ne vous avons pas oublié : vous pouvez également accéder aux partitions de votre choix de façon unitaire directement dans le corps de l’article (attention à votre limite de 15 fichiers importés). Abonnez-vous à Newzik pour importer autant de fichiers que vous le souhaitez !

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Quelques mots sur Sergueï Rachmaninov

Enfance et début

Sergueï Rachmaninov est né le 1er avril 1873 à Semionovo, dans l’ouest de la Russie.
À cause de difficultés financières, la famille Rachmaninov et ses 6 enfants, déménagent à Saint Pétersbourg quelques années après. Suite à la séparation de Vassili et Lioubov Rachmaninov, Sergueï et ses frères et soeurs demeurent avec leur mère et leur grand-mère.

Cette grand-mère emmena le jeune garçon dans les églises ou il y découvre le chant orthodoxe et la beauté du son des cloches de la cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod, qui deviendra une grande source d’inspiration pour le futur compositeur.

Après avoir commencé le piano avec sa mère, il commence à l’étudier sérieusement dès ses 9 ans au Conservatoire de Saint Pétersbourg. Trois ans plus tard, il continue l’étude du piano à Moscou notamment avec le professeur Nikolaï Zverev, ami de Anton Rubinstein et de Tchaïkovski.

Ce professeur est connu pour son exigence et la rigueur qu’il impose à ses élèves. Il invite régulièrement ses amis musiciens, à écouter ses élèves, ce qui permettra la rencontre entre Tchaïkovski et Sergueï.

À seulement 15 ans, il obtient son diplôme du premier degré au conservatoire, grâce à 2 ans précieux aux côtés de Zverev. Il peut donc enfin étudier l’harmonie, la théorie musicale et la composition libre. Ces enseignements marqueront pleinement le caractère et la musique de Rachmaninov.

En 1891 il écrit son Prélude en ut dièse mineur ainsi que son opéra en un acte, Aleko, pour lequel il obtient un prix de composition en 1892.

À la mémoire de Tchaïkovski il écrit plusieurs oeuvres, le Concerto n° 1, Prélude en ut dièse mineur, Trio élégiaque n° 2 qui sont un grand succès.

Un nouveau départ

Pour Rachmaninov, le succès n’est pas apparu directement. En effet sa première symphonie, opus 13 est un échec retentissant et emmène Rachmaninov en dépression.
Cette dépression durera presque 4 ans et se terminera à la suite de l’énorme succès de son deuxième concerto pour piano, opus 18.

C’est en 1909, qu’il fait sa première tournée aux États-Unis, qui connaît un fort succès grâce notamment à son troisième concerto (op. 30), écrit pour l’occasion. Suite à une proposition, le compositeur refuse le poste de chef permanent de l’Orchestre symphonique de Boston. Le compositeur préfère rentrer à Moscou où il connaît un succès fou en février 1914 avec Les Carillons.

Mais seulement le début de la Première Guerre Mondiale signe la fin de cette heureuse période de sa vie. Il perd son ami Scriabine qu’il avait connu chez Zverev.

“La musique suffit pour une existence mais une existence ne suffit pas à la musique.”

Sergueï Rachmaninov

La révolution et sa fuite

En 1917, la révolution russe conduit le compositeur à quitter malheureusement son pays natal. Plein de nostalgie et mélancolie, il écrit un prélude pour piano seul, le prélude à son départ douloureux. Suite à cela, il n’écrira plus aucune oeuvre jusqu’en 1926, car il se concentra sur une carrière de pianiste virtuose avec son ami Nikolaï Medtner, ce qui l’amena à délaisser quelque peu la composition. Il écrira ensuite seulement 6 oeuvres jusqu’à sa mort dont notamment la Rhapsodie sur thème de Niccolo Paganini, opus 43, une série de variations pour piano et orchestre sur le 24e caprice de Paganini, publié en 1934.

Grâce à sa nouvelle vie de musicien, Rachmaninov effectue plusieurs tournées aux Etats-Unis et en France qui lui permettent de s’assurer une vie matérielle très confortable. Il s’offre même une maison à Beverly Hills, où il s’installera.

“Composer est une part aussi essentielle de mon être que de respirer ou de manger. Je note sur du papier la musique intérieure que j’entends.”

Sergueï Rachmaninov

La fin de sa vie

Sergueï Rachmaninov finira ses jours en Californie, à Beverly Hills, où il meurt le 28 mars 1943, peu avant de fêter ses 70 ans. Quelques heures avant sa mort, il disait pouvoir entendre de la musique, tout près de lui. Son entourage lui faisant remarquer que ce n’était pas le cas, il en conclut : “Alors, c’est ma tête”. Il est enterré au cimetière de Kensico (Valhalla, New York).

Et maintenant, place à la musique !

Nous avons sélectionné quelques-unes de nos œuvres favorites parmi les très nombreuses que Rachmaninov a composées, et vous proposons des partitions gratuites de chacun de ces morceaux, que vous pouvez télécharger directement dans Newzik pour pratiquer votre instrument ! Bien que Rachmaninov ait surtout composé pour piano, vous retrouverez également quelques arrangements pour d’autres instruments dans ces partitions.

Six Romances

Les Six Romances (Op.4) de Sergueï Rachmaninov constituent le premier recueil d’œuvres pour piano et voix publiées par le compositeur russe. Cette suite de pièces composée entre 1890 et 1893, de ses 17 à ses 20 ans, témoigne du style du compositeur, qui s’affirme peu à peu.

Si vous êtes soprano, jetez un œil à ces six airs ! La version que nous vous proposons contient à la fois les paroles originales en russe et une transcription en anglais, ainsi qu’un accompagnement piano.

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Trio Élégiaque No.1 en Sol mineur

Autre œuvre marquante de la jeunesse de Rachmaninov, le Trio Élégiaque No.1 – Rachmaninov en écrira un second à la mort de Tchaïkovsky un an plus tard – est une œuvre pour piano, violon et violoncelle qui fut composée alors qu’il n’avait encore que 19 ans, en 1892.

Cette œuvre en un seul mouvement diffère de la plupart de ses trios pour piano, qui en comptent généralement trois ou quatre. Il s’agit d’une forme de sonate classique, avec une exposition construite en douze motifs qui seront cités de façon symétrique lors de la réexposition. Le thème élégiaque est présenté par le piano à l’ouverture de la pièce, lento lugubre. Il est ensuite à nouveau présenté par le violoncelle, puis par le violon, tandis que le climat évolue constamment. L’œuvre s’achève par une marche funèbre sur ce même thème.

Si certains commentateurs voient en cette première élégie, déjà, une œuvre à la mémoire de Tchaïkosky, cette interprétation est pour le moins douteuse : en effet en 1892, rien ne laissait paraître que cet autre illustre compositeur russe mourrait moins de deux ans plus tard.

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Deus Meus

Deus Meus est une œuvre vocale à six voix, relativement méconnue, composée par Sergueï Rachmaninov en 1890.

Il s’agit d’un motet, une forme musicale tirée de textes religieux qui fit son apparition au XIIIe siècle et fut très en vogue à la Renaissance. La période romantique marquant également un retour du thème religieux dans l’imaginaire des grands compositeurs, il est tout naturel que cette forme ait ressurgi à cette époque – et tout aussi naturel que Rachmaninov se la soit appropriée.

Une œuvre courte, que vous pourrez aisément partager avec votre chœur, quelle que soit sa nature !

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Études Tableaux Op.39

Les Études Tableaux sont l’un des recueils d’œuvres les plus connus de Rachmaninov, qui marquent pour de nombreux commentaires l’apogée de sa musique et de son style pianistique.

Ce second cahier (Opus 39) fut composé entre 1916 et 1917, et regroupe neuf “tableaux” pour piano qui sont de véritables histoires contées : des scènes de fête foraines, une tempête de neige, une marche funèbre, ou encore l’histoire du petit chaperon rouge… sans que Rachmaninov ne donne jamais de titre à aucun de ces tableaux, préférant laisser à chacun la liberté de son interprétation. Ce faisant, disait-il, il oblige à “peindre soi-même ce que chaque pièce nous suggère le plus”.

Amis pianistes, déliez-vous les doigts : vous en aurez besoin pour vous attaquer à ces œuvres de haut niveau, qui vous donneront du fil à retordre !

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Rhapsodie sur un thème de Paganini

La Rhapsodie sur un thème de Paganini en la mineur (Opus 43) est une des œuvres de Sergueï Rachmaninov les plus célèbres : une œuvre de musique concertante pour piano et orchestre, composée selon les indications notées sur la partition entre le 3 juillet et le 18 août 1934. Sa dix-huitième variation en particulier est emblématique du romantisme tardif du compositeur russe.

Cette pièce est constituée de 24 variations tirées du Caprice pour Violon Solo No.24 de Niccolò Paganini, publié en 1819 par l’illustre compositeur italien (et qui fut également exploité par Franz Liszt dans ses Six Études d’après Paganini ainsi que par Johannes Brahms avec les Variations sur thème de Paganini). Les 24 Variations de Rachmaninov citent également le thème Dies Irae : certains y voient une référence à la légende populaire voulant que Paganini aurait vendu son âme au diable en échange de sa virtuosité, et de l’amour d’une femme.

Quoi qu’il en soit, Rachmaninov n’eut nul besoin de vendre son âme au diable pour démontrer ses prodigieux talents de pianistes lors de la création de cette œuvre le 7 novembre 1934 à Baltimore, aux Etat-Unis, pour laquelle le compositeur s’est présenté sur scène au piano, accompagné de l’Orchestre de Philadelphie dirigé par Leopold Stokowski.

Nous vous proposons un arrangement pour quintet à cordes, pour laquelle chacune des parties vient accompagnée du conducteur.

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Nous vous proposons également un arrangement de cette œuvre pour quintet à corde, afin de ravir le plus grand nombre d’entre vous.

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Quartet à cordes No.1

Les deux Quatuors à Cordes de Rachmaninov sont des œuvres de jeunesse du compositeur, qui présentent la particularité d’être toutes deux restées inachevées ! En effet, il semble que cette forme musicale ne correspondait pas au compositeur, qui lui préférait la musique concertante et les œuvres pour piano solo. Il n’en reste pas moins que ce premier Quatuor, composé par notre ami russe en 1889 juste après l’obtention de son diplôme de premier cycle, à seulement 16 ans, est d’une grande beauté.

Cette œuvre de musique de chambre comporte deux mouvements. Le premier est marqué d’un caractère lyrique et romantique, avec des plaintes jouées en sourdine, et des pizzicati au violoncelle évoquant les sons pincés de la balalaïka et de la domra, deux instruments traditionnels russes. Ces sonorités permettent d’ancrer cette œuvre dans le paysage sonore folklorique russe, cher au compositeur. Quant au second mouvement, il présente une mélodie simple sous forme de comptine en deux sections couplet/refrain, relayée par un chant mélancolique au violoncelle ponctué de soupirs. Enfin, la coda rappelle la comptine initiale, évoquant les rêves de l’enfance.

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Nous espérons que vous avez apprécié cet épisode du Compositeur du Mois et que vous passerez un bon moment en travaillant ces morceaux ! Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode du Compositeur du Mois.

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