Les Écrans type Kindle sont-ils faits pour la Lecture Musicale ?

by | Sep 12, 2018

Avec le succès de la liseuse numérique Kindle, développé par Amazon, la question s’est posée de savoir si les écrans à encre électronique (E-Ink) étaient mieux adaptés pour lire des partitions musicales que les écrans LCD (tels que celui de l’iPad). Bien que le Kindle offre un confort de lecture élevé sans aucun reflet, l’équipe Newzik a cherché à savoir si cet unique avantage était réellement pertinent pour les lecteurs de partitions musicales.

I) L’écran de l’iPad abîme-t-il les yeux ?


Avant de nous lancer dans notre analyse des ces écrans, nous tenions à aborder une question fréquemment posée sur les écrans iPad : abîment-ils les yeux, oui ou non ? Et la réponse est « non ». Comme nous l’avons déjà expliqué dans l’article précédent, le rétroéclairage des écrans LCD, ainsi que les reflets qui en proviennent, ne sont en aucun cas nocifs pour les yeux.
De nombreux musiciens imaginent que le confort de lecture serait meilleur sur les liseuses E-Ink, comme le Kindle, pour lire des partitions numériques, justement grâce à l’absence de rétroéclairage qui rend l’expérience similaire à celle d’une lecture sur papier. Pourtant, un écran qui cherche à imiter le papier souffrira lui aussi des contraintes inhérentes à ce support.

II) Les lecteurs d’E-Ink n’affichent pas les couleurs


La première contrainte évidente est que les lecteurs E-Ink permettent uniquement l’affichage en niveau de gris et non en couleur. Bien que cela ne soit pas un problème lorsqu’il s’agit de simplement visualiser une partition (qui est généralement publiée en noir et blanc), cela pose un vrai problème quant aux annotations. Les annotations transmettent des indications d’interprétation et doivent donc être très faciles à lire. À cette fin, de nombreux musiciens ont développé au fil des années un système de couleur pour codifier leurs annotations. Ainsi, une transition du papier vers l’iPad Pro ne susciterait pas de grand changement dans leurs habitudes de travail, tandis qu’une transition vers une liseuse électronique les forcerait à revoir toutes les habitudes.
Un autre avantage de l’iPad Pro est l’utilisation possible de l’Apple Pencil, qui offre à ses utilisateurs une expérience d’écriture beaucoup plus réaliste et fluide et qu’avec un stylet capacitif (avec une latence de 20 millisecondes, la plus performante sur le marché). L’Apple Pencil permet, par exemple, d’ajuster l’épaisseur de la ligne en fonction de l’angle du crayon ou de la pression appliquée sur l’écran, ce qui n’est pas le cas avec un stylet classique. À ce jour, les liseuses numériques qui utilisent la technologie E-Ink n’ont pas de fonctionnalités équivalentes à celles de l’iPad Pro et de l’Apple Pencil.

III) Le taux de rafraîchissement d’une liseuse est trop faible


Le deuxième problème des liseuses E-Ink est leur taux de rafraîchissement. Changer l’état des particules utilisées sur un écran E-Ink prend beaucoup plus de temps que sur un écran LCD ; une liseuse Kindle ne pourra donc jamais atteindre le même taux de rafraîchissement que celui d’un écran LCD. L’expérience musicale des utilisateurs de liseuses E-Ink sera affectée des deux manières suivantes :
Premièrement, quand vient le moment de tourner la page sur une liseuse E-Ink, la page suivante mettra du temps à charger, ce qui pose problème lors de l’interprétation d’une œuvre musicale à tempo rapide (sans parler de l’effet « film négatif »). En revanche, le taux de rafraîchissement de l’iPad Pro est extrêmement rapide, à 120 Hz (la plupart des appareils électroniques récents, tels que les téléviseurs, ont un taux de rafraîchissement entre 60 Hz et 80 Hz). L’iPad Pro s’adapte également aux mouvements des objets affichés sur l’écran, offrant ainsi une tourne de page en temps réel sans délai, même pour des œuvres à tempos rapides.
Le deuxième inconvénient de ce taux de rafraîchissement trop bas est lié à l’annotation des partitions. En effet, les annotations sont affichées avec un retard, ce qui peut rendre l’expérience inconfortable et perturber le processus créatif des musiciens.

IV) Le problème de l’éclairage LED


Lors de répétitions ou de concerts, les utilisateurs de lecteurs E-Ink devront dépendre de petites lampes LED attachées à leurs pupitres, car les écrans E-Ink ne sont pas rétro éclairés. La grande majorité des musiciens auront déjà connu un problème avec ce système, que ce soit une lampe LED soudainement à court de batterie ou une ampoule LED cassée. L’écran rétroéclairé de l’iPad Pro réduit le risque de problèmes d’éclairage et offre un environnement plus sécurisé pour les concerts et les répétitions.
Bien pire, l’éclairage LED ne s’adapte pas à la lumière ambiante, ce qui peut souvent rendre les partitions difficiles à lire. Les iPads, quant à eux, s’adaptent automatiquement à la lumière ambiante grâce à la technologie True Tone développée par Apple. Cette nouvelle fonctionnalité ajuste automatiquement la balance des blancs en fonction de la lumière ambiante, assurant ainsi l’équilibre des couleurs quelque soit l’environnement.
À noter que les régisseurs passent beaucoup de temps à installer ces lumières LED sur les pupitres de chacun des musiciens de l’orchestre. L’utilisation d’iPads accélère et facilite donc l’installation sur scène d’un orchestre ou groupe.
Enfin, les lumières LED peuvent gêner les enregistrements vidéo de concerts en direct. En 2016, lors du 50 ème anniversaire du Montreux Jazz Festival, l’artiste français Woodkid a donné un incroyable concert salué en grande partie en raison de sa mise en scène étonnante. Malheureusement, les lumières LED placées sur les pupitres des musiciens occupent environ un tiers du cadre des nombreux gros plans utilisés par le réalisateur, réduisant ainsi leur impact visuel (en raison de l’emplacement des lumières, le réalisateur ne pouvait pas les éviter).
L’écran E-Ink du Kindle offre sans aucun doute un confort élevé lorsqu’il s’agit de la lecture de livres. Toutefois, en ce qui concerne le monde de la musique, l’écran E-Ink présente de nombreux défauts tant lors de la préparation d’une pièce (le processus d’annotation) que de son interprétation. Sans parler du fait que ces liseuses électroniques ont été conçus uniquement afin de lire des livres numériques (et non des partitions musicales). L’iPad Pro, en revanche, permet à ses utilisateurs de travailler avec beaucoup de différents matériaux et logiciels grâce à sa compatibilité audio et MIDI, en plus d’offrir l’accès à de nombreuses applications pour créer et lire des partitions.

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